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Journée Mondiale du Rein
Retour sur la Journée mondiale du Rein 2011
Le 10 mars dernier, une rencontre-débat puis un colloque scientifique ont permis aux patients de mieux appréhender certains aspects relatifs à leur traitement. Au programme : les risques cardiovasculaires liés à la maladie rénale chronique et l’eau, sous tous ses aspects.


A la tribune du prestigieux amphithéâtre de l’Académie nationale de médecine, le Pr Raymond Raymond Ardaillou / Photo Romain Bonfillon
 
A Paris, au sein de la prestigieuse enceinte de l’Académie nationale de médecine, les patients ont tout d’abord pu assister à une rencontre-débat qui avait pour thème « Protéger ses reins, c’est sauver son coeur ». Organisée par l’Aviesan (Allliance nationale pour les sciences de la vie et de la santé) et la Fondation du rein, cette manifestation a permis de faire un état des lieux très instructif de la question. D’abord avec l’épidémiologiste Bénédicte Stengel, venue rappeler, graphiques à l’appui, la surmortalité cardiovasculaire des patients en dialyse par rapport à la population générale. Un véritable problème de santé publique lorsque l’on sait qu’aux Etats-Unis comme en Norvège (et sans doute dans la plupart des pays européens) 10 % des adultes sont atteints de maladie rénale chronique. Grand spécialiste des complications cardiovasculaires en néphrologie, Gérard London a ensuite permis au public de mieux comprendre les facteurs de risque, et de différencier notamment l’athérosclérose et l’artériosclérose.
Les chiffres qu’il a évoqués ne laissent également pas de place au doute quant à la nécessité de retarder la progression de la maladie rénale. Au stade terminal de la maladie, 80 % des patients ont une hypertrophie ventriculaire gauche qui s’accompagne généralement d’une fibrose. Ziad Massy a alors repris le flambeau, creusant la question des pistes thérapeutiques d’aujourd’hui et de demain. Pour lui, le risque cardiovasculaire n’est pas lié à la technique de dialyse mais à l’urémie. Ses études s’orientent désormais sur la métabolomique, une science très récente qui étudie l'ensemble des métabolites (sucres, acides aminés, acides gras, etc.) présents dans une cellule, un organe ou un organisme. Enfin, Fabrice Duprat, qui travaille à Sophia Antipolis, s’est intéressé au cas particulier de la polykystose autosomique dominante. Son exposé est allé pointer au coeur du génome (PKD 1 et 2) et des cellules de nos artères (« les cellules musculaires lisses ») les causes du risque cardiovasculaire.

La qualité de l’eau : un critère majeur
L’après-midi de cette Journée mondiale du Rein parisienne était consacrée à «l’eau, les reins et la santé ». La conférence introductive a d’emblée plongé l’assistance dans ses préoccupations les plus quotidiennes, en évoquant la question de l’eau de consommation.
Le Pr Yves Levi a, dans un fascinant exposé, permis de comprendre comment l’eau était puisée et amenée jusqu’à nos robinets et les différentes étapes de sa purification. La surveillance de la qualité de l’eau semble à cet égard un travail de titan : notre pays compte 27 000 unités de distribution et plus de 15 000 stations de traitement ! Malgré tout, sans céder à la psychose, sachons que nous restons vulnérables et que si les paramètres microbiologiques sont plus ou moins facilement contrôlés, les risques viraux et bactériologiques persistent. Autre exposé, particulièrement didactique et apprécié du public, celui de Bénédicte Allard, pharmacienne à l’ECHO de Nantes, venue parler des contrôles et de la purification de l’eau utilisée dans l’hémodialyse. Nous reviendrons très largement dans une prochaine revue FNAIR sur cette intervention. C’est finalement au Pr Bernard Canaud qu’est revenu la tâche de clore le colloque, en parlant des conséquences cliniques qu’a apporté l’utilisation de l’eau « pure » en hémodialyse. Les avantages sont indiscutables (quand bien même, pour des raisons économiques, ils sont encore discutés aux Etats-Unis). L’eau « pure » accroît l’efficacité du traitement et réduit les réactions biologiques induites par l’interface sang/membrane. Elle est aujourd’hui l’une des principales explications de la qualité de la dialyse en France.