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| EPO |
| Erythropoïétine : histoire d’un combat acharné |
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Octobre 2009 :
une rumeur concernant l’intégration du coût de l’EPO dans le forfait de dialyse enfle. Elle se révèle finalement exacte, puisqu’en fin d’année dernière, la FNAIR apprend l’intention des services de la CNAMTS, de la DHOS, et de la Direction de la Sécurité Sociale de mettre en œuvre une telle mesure.
Dès le 10 décembre dernier,
la FNAIR rédige donc un courrier à la Ministre de la Santé pour lui faire part de sa très vive inquiétude. Elle alerte dans le même temps les sociétés savantes, les syndicats de néphrologues, la FHP, la FEHAP, les directeurs de centre de dialyse, etc. pour qu’ils mènent à ses côtés le combat contre l’intégration de l’EPO.
Un des tournants de cette affaire se produit sans doute lors de la réunion du 29 janvier dernier
à la DHOS (Direction de l’Hospitalisation et de l’Organisation des Soins). Beaucoup des acteurs présents ont alors l’impression de se heurter à un mur. L’intransigeance de nos interlocuteurs finit par décider chacun à frapper un grand coup : quelques jours plus tard,
une lettre ouverte au Président de la République, signée par la quasi-totalité des acteurs de la dialyse en France, apparaît en pleine page du Monde, du Figaro et du Journal du Dimanche.
Les principaux médias nationaux se saisissent alors du sujet, à l’image de France Inter, dont le papier résume bien tous les enjeux de cette nouvelle « affaire EPO » (qui n’a, cette fois-ci plus rien à voir avec le dopage). Pour lancer le sujet audio : |
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Une bataille de gagnée…mais le combat continue !
Cette levée de boucliers a finalement porté ses fruits puisque début février, une lettre signée de la DHOS, nous annonce que l’intégration du coût de l’EPO dans le forfait de dialyse est reportée. Concrètement, nous avons pu repousser d’une année l’intégration du coût de l’EPO. La bataille n’est donc pas gagnée et nous allons continuer à faire connaître l’importance de l’EPO pour les patients. Notre argumentation consistera aussi à démontrer que les économies à espérer d’une telle mesure sont bien inférieures aux coûts (dus à l’inévitable augmentation de la morbi-mortalité) qu’elle engendrera. Affaire à suivre… |
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Une lutte historique
Lors de son apparition à la fin des années 80, l’érythropoïétine a d’abord été administrée à 5 % des malades. Ce rationnement des soins était par essence inégalitaire et la FNAIR s’était alors battue pour que l’EPO soit accessible à tous. Au milieu des années 1990, des commissions régionales se sont ensuite arrogé le droit de dire aux médecins quels patients pouvaient bénéficier de l’EPO. Là encore, la FNAIR s’est battue pour défendre la liberté de prescription. Encore très récemment, et jusqu’en 2005 (avant la mise en place de la T2A, chaque centre de dialyse avait un forfait proportionnel à la prescription d’érythropoïétine) nous recevions le témoignage de nombreux patients qui se voyaient refuser l’administration de l’EPO au motif que ce traitement n’était pas absolument nécessaire. Il s’agissait bien là d’une logique comptable, visant pour certains centres à augmenter la marge réalisée sur le forfait de dialyse. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, le fait d’inclure le coût de l’EPO dans le forfait de dialyse menaçait la santé et la qualité de vie des insuffisants rénaux. |
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« L’EPO a été une véritable révolution pour des milliers d’insuffisants rénaux » |
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Rappelons ici ce qu’était la vie d’un insuffisant rénal avant l’avènement de l’érythropoïétine.
L’anémie non traitée liée à l’insuffisance rénale avait de nombreuses conséquences, à commencer par une extrême fatigue, un essoufflement très rapide, un ralentissement de l’activité cérébrale demandant une infinie concentration pour des tâches simples, une dysfonction érectile, et médicalement cette anémie entraînait un retentissement cardiovasculaire très préjudiciable à l’espérance de vie, source également d’une hausse de la morbimortalité…
L’EPO a été une véritable révolution pour des milliers d’insuffisants rénaux qui ont pu reprendre une activité physique, augmenter leur espérance de vie et améliorer leur vie sociale et professionnelle.
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ECONOMISER A TOUT PRIX EST DANGEUREUX POUR LA SANTE
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